Vous connaissiez sûrement la perle de Tahiti tant appréciée des joailliers mais au monde, il y a une autre perle tout aussi belle et précieuse, la perle rose. Elle est la plus rare et la plus chère au monde. Cette perle est « conçue » par le lambi, un mollusque vivant dans une conque, un gros coquillage, pêché notamment dans le bassin caribéen.

En règle générale, aux Antilles lorsque l’on parle du lambi, c’est en s’interrogeant sur la manière dont on le préparera ou encore, si on le cuisinera grillé ou en fricassée. Et pourtant ! La chair du lambi n’est pas le seul trésor que l’on peut trouver dans la conque, ce coquillage qui sert de maison au lambi. Ce mollusque abrite en son sein une perle rose qu’il conçoit et dont la qualité fait rêver les joailliers du monde entier.

Crédits photo : Raymond Joyeux

Crédits photo : Raymond Joyeux

Dun rose flamboyant, la perle rose est négociée dans le monde à des prix astronomiques certes pour sa rareté mais aussi pour sa préciosité à l’état brut. Selon les spécialistes, on ne trouve qu’une perle rose sur 10 000 coquillages, et une seule de bonne qualité sur 100 000. Vous l’aurez compris, les mieux placés pour faire fortune sont les pêcheurs mais encore faut-il qu’ils aient la chance d’en trouver.

Crédits photo : HN International

Crédits photo : HN International

Dans un documentaire diffusé dans le magazine Thalassa il y a trois ans de cela, une joaillière comparait la perle rose à un rubis birman, une pierre précieuse vendue 27 millions d’euros en 2015, lors d’une vente aux enchères en Suisse, un record mondial. La comparaison ne s’arrête pas là puisque la perle rose est même placée au même niveau qu’un tableau peint par Picasso ou Van Gogh.

Sue Hendrickson, l’Indiana Jones des perles roses

Les perles roses valent beaucoup d’argent et certains en ont fait une obsession à l’image de Sue Hendrickson, archéologue et aventurière considérée aujourd’hui comme la plus grande collectionneuse au monde de perles roses (elle est avant tout connue pour sa découverte d’un spécimen célèbre de Tyrannosaurus rex dans le South Dakota, aux Etats-Unis, le 21 aout 1990). Il faut savoir que les perles roses de lambis ne sont pas des perles nacrées, faites de plaquettes d’aragonite. La lumière se propage d’une extrémité du prisme à l’autre, créant de magnifiques effets lumineux appelés « flammes » qui font que la perle rose n’a rien à envier à la nacre. La structure fibreuse de la perle de conche lui assure une dureté plus élevée que celle de la perle nacrée 5 à 6 sur l’échelle de Mohs, alors qu’elle n’est que de 3 à 4 pour une perle nacrée selon, Wthejournal.

Crédits photo : Cayman Pearl Company

Crédits photo : Cayman Pearl Company

Les perles sont extrêmement résistantes, d’un beau poli très brillant. Leurs couleurs couvrent toutes les teintes selon deux gammes : du blanc au rose intense, la couleur la plus appréciée étant le rose fleur de pêcher, et du blanc au brun, la couleur la plus intéressante étant alors la couleur café au lait. Ces nuances de couleurs, Sue Hendrickson les connait par coeur après avoir bourlingué à travers la Caraïbe. Une quête qui lui a permis de trouver plusieurs perles roses et surtout de gagner de l’argent, beaucoup d’argent…

Alors si vous avez la chance de tomber sur une perle rose, sachez que son prix sur le marché se négocierait entre 250 € et 25 000 € la perle rose, en fonction de sa qualité bien sûr ! Cependant, si vous vous imaginez déjà en Indiana Jones de la perle rose à l’image de Sue Hendrickson, gardez bien en tête qu’aux Antilles françaises, la pêche au lambi est réservée aux pêcheurs professionnels régulièrement déclarés auprès de la Direction de la mer. La pêche au lambi est donc réglementée et s’effectue durant une période donnée.

Pour revoir une partie du documentaire sur les perles roses diffusé dans le magazine Thalassa (2013) :